Valais
Communiqué de presse
L'éducation est un droit humain et non une marchandise !
Par principe, les enseignant-e-s syndiqué-e-s au ssp saluent la réalisation de la libre circulation des personnes par le biais des accords bilatéraux. Cependant, cette libre circulation ne doit pas être utilisée abusivement dans le but de dégrader les conditions de travail.
En réaction à la controverse actuelle liée à la limitation du nombre d¹enfants étrangers par classe et à d'autres recettes politiques douteuses, les enseignant-e-s du ssp soulignent que l'intégration est et reste la tâche centrale de l'école et que les moyens nécessaires à la mise en ¦uvre de mesures appropriées doivent être accordés en suffisance.
Les 7 et 8 juin 2002, les enseignant-e-s syndiqué-e-s au ssp et provenant de toute la Suisse ont abordé les questions internationales liées au système éducatif, dans le cadre de leur Conférence fédérative, qui se tient tous les quatre ans.
Le personnel enseignant salue le fait qu'avec l'entrée en vigueur des accords bilatéraux entre la Suisse et l'Europe la libre circulation des personnes s'appliquera par principe également aux enseignant-e-s, ce qui facilitera considérablement les échanges au-delà des frontières nationales. Les "mesures d'accompagnement", que les syndicats ont réussi à faire adopter, doivent garantir que la libre circulation ne conduira pas à une détérioration des conditions de travail. Le ssp s'engage pour que la libre circulation des enseignant-e-s puisse également être réalisée aussi rapidement que possible entre les cantons.
La Conférence fédérative a aussi abordé les efforts de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) visant à transformer formellement l'éducation en une prestation librement marchandisable par le biais de l'Accord général sur le commerce des services (AGCS). Le ssp rejette par principe cette exigence. Il s'oppose aux tendances à la privatisation (non seulement dans le domaine de la formation) et défend une école publique gratuite sous forme d'un service public. Cette position correspond à sa vision de l'avenir du système éducatif : le droit à l'éducation en tant que droit humain fondamental doit être reconnu et appliqué à l'échelle mondiale. Ce droit est ancré dans une série de conventions relatives aux droits humains de l'ONU, de l'UNESCO, de l'OIT (Organisation internationale du travail) et du Conseil de l'Europe. Au cours des dernières années, la Suisse a adhéré à plusieurs de ces conventions comme le pacte de l'ONU relatif aux droits sociaux et la Convention des droits de l'enfant. Le ssp exige que la Suisse adhère aux conventions qu'elle n'a pas encore signées telles que la Convention de l'UNESCO pour la lutte contre la discrimination dans le domaine de l'enseignement et la Charte sociale européenne.
Les enseignant-e-s du ssp soulignent dans une résolution la fonction intégratrice de l'école, qui doit accueillir tous les enfants sans exclusion. Le ssp demande des moyens financiers supplémentaires de la part des cantons et des communes afin de pouvoir soutenir de manière efficace des mesures positives d'intégration pour tous les enfants et pour appliquer dans les écoles la nécessaire pédagogie de la diversité.
Il s'agit notamment de faire en sorte que les enfants réfugiés puissent être scolarisés dans les écoles publiques dès leur arrivée en Suisse (ce que leur interdisent différents centres d'accueil pour requéran-te-s d'asile !). En outre, il faut que les enfants "clandestins" (que l'on appelle aujourd'hui souvent "sans-papiers") puissent aussi être scolarisés, sans que l'existence de leurs parents ne soit menacée.
Le droit à l'éducation doit s'appliquer à tou-te-s !
Annexe : Résolutions adoptées par la Conférence
Pour renseignements: Ruedi Tobler, telefon 071 888 3 888
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