Le Conseil communal de Lausanne soutient le projet Mentorat emploi migration (MEM)
Le Conseil communal de Lausanne soutient le projet Mentorat emploi migration (MEM)
Le programme Mentorat emploi migration (MEM), lancé par l’Entraide protestante suisse (EPER), vise à soutenir l’insertion professionnelle des personnes migrantes d’origine extra-européenne. La démarche consiste à constituer des paires de personnes du même domaine professionnel. Le/la mentor-e, qui bénéficie d’une expérience professionnelle en Suisse, offre bénévolement un accompagnement au/à la «menté-e», qui a étudié ou exercé la profession correspondante à l’étranger.
Les travailleurs/-euses migrant-e-s, surtout extra-europén-e-s, subissent fréquemment une déqualification professionnelle importante. Trouver une place de travail correspondant à leur formation et à leurs compétences s’apparente souvent à une très longue et épuisante course d’obstacles. Les difficultés rencontrées sont le manque de connaissance du marché de l’emploi, le manque d’expérience professionnelle en Suisse, l’absence d’un réseau professionnel, la difficulté à faire reconnaître des diplômes et compétences acquises dans le pays d’origine, auxquels s’ajoute souvent la méconnaissance de la langue locale.
Le dispositif helvétique d’intégration professionnelle est sous-développé
Dans un communiqué du 9 mars 2012, l’EPER mentionne un récent rapport de l’OCDE sur l’intégration des immigré-e-s en Suisse: «(…) Pour les migrants des pays extra-européens, et en particulier pour les populations vulnérables comme les jeunes mères émigrées et les migrants humanitaires (permis F et réfugiés), (…) le rapport qualifie (…) le dispositif d’intégration helvétique de "sous-développé". Dans ses recommandations, l’OCDE conseille notamment la mise en place de projets de mentorat pour favoriser l’intégration au travail.». Comme le souligne l’EPER, «ce concept de mentorat qui implique l’ensemble de la population dans le processus d’intégration repose sur l’idée que l’intégration des personnes migrantes est un processus à double sens qui ne concerne pas uniquement les migrantes et les migrants eux/elles-mêmes, mais bien l’ensemble de la population».
Une expérience utile et positive
Bien que modestes, les expériences de mentorat réalisées à ce jour dans le cadre du projet de l’EPER sont constructives et enrichissantes pour les participant-e-s. Elles font partie intégrante des multiples – mais insuffisamment nombreuses – actions d’intégration et de résistances menées au quotidien contre la xénophobie et le racisme, lesquelles peuvent déclencher des solidarités tout à fait originales. Les expériences de mentorat soulignent que le travail ne saurait être réduit à l’activité productive sur le lieu de travail. L’emprise du rapport de travail déborde largement sur la vie sociale et la vie privée. De manière négative, cette emprise peut conduire à l’isolement, au chacun pour soi, à la fatigue. C’est très souvent le cas. D’un autre côté, le travail peut façonner positivement l’identité du/de la salarié-e, lorsqu’il lui permet, du moins partiellement, de se réaliser. De là vient sans doute le désir pour le/la mentor-e d’exprimer son identité dans un espace libéré, hors des contraintes quotidiennes du rapport de travail, en accompagnant un-e travailleur/-euse différent-e mais qui parle le même langage, celui du métier. Dans les cantons de Vaud et de Genève, 52 duos MEM sont en cours actuellement et 22 duos ont déjà pris fin, avec des résultats intéressants en termes d’insertion professionnelle, puisque la moitié des participant-e-s avaient trouvé un emploi dans leur domaine suite au mentorat.
Le Conseil communal de Lausanne soutient le programme MEM
Dans les secteurs d’intervention du SSP, de nombreux/-euses travailleurs/-euses immigré-e-s, notamment dans la santé (hôpitaux, soins à domicile, EMS), sont discriminé-e-s sur le plan de l’intégration professionnelle. Mais il y a aussi beaucoup de salarié-e-s qui pourraient être intéressé-e-s à devenir mentor-e-s, notamment dans les très nombreux métiers des services publics et parapublics. C’est pourquoi le SSP ne peut que se réjouir de la décision du Conseil communal de Lausanne du 6 mars 2012 d’avoir adopté une motion engageant la Ville à soutenir le MEM. La Municipalité est maintenant chargée de présenter un projet de décision pour qu’une information soit donnée aux employé-e-s de la Ville afin de les encourager à devenir mentor-e-s, ainsi qu’à tous les habitant-e-s de Lausanne pour les inciter, s’ils le souhaitent, à participer au projet MEM.
Pour participer en tant que mentor-e: www.mentoratemploimigration.ch
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Exemples
1. Avec une formation de comptable au Mexique, Mme X a travaillé une dizaine d'années comme employée de différents services d'une banque dans son pays. Avec son mari suisse et son enfant, ils sont venus s'établir en Suisse il y a cinq ans. Après avoir suivi plusieurs cours de français, Mme X a trouvé un emploi temporaire comme aide de bureau dans une petite entreprise, avant de s'inscrire au cours menant au brevet fédéral, afin d'actualiser ses compétences en comptabilité (cadre suisse). Son mari étant mécanicien de profession, ils n'ont pas de connaissances personnelles dans le domaine de la comptabilité et Mme X tire grand profit de son mentor, lui-même employé de banque avec une formation de base en finances, pour situer son profile par rapport au monde de la banque en Suisse, préparer son dossier de candidature et effectuer des démarches en vue de trouver un emploi qui soient conformes aux normes helvétiques.
2. M. Y a une expérience de trois ans en tant que physiothérapeute en République démocratique du Congo, dans la rééducation. Egalement en Suisse par mariage, il n'a pas le problème de la langue. Il attend une réponse par rapport à une reconnaissance de son diplôme par la Croix-Rouge suisse et recherche un-e mentor-e de sa profession pour l'aider à trouver le chemin de l'emploi dans son domaine en espérant pouvoir mettre à profit ses compétences professionnelles. Les différentes démarches qu'il a entreprises jusqu'ici sont restées lettre morte.
3. M. Z a pratiqué le droit comme juge et avocat en Ethiopie. Réfugié politique en Suisse, il n’a pas encore pu faire reconnaître son titre universitaire et travaille comme livreur de plateaux repas dans un aéroport. Grâce au mentorat, il a pu accélérer les démarches en vue de la reconnaissance de son diplôme et examiner les possibilités de travail comme juriste en Suisse: une voie s’est ouverte, à savoir se préparer à commencer une nouvelle formation dans le domaine des assurances sociales.



